Nutri-Score : décryptage du nouvel algorithme
Un outil d’information nutritionnelle désormais bien installé
Mis en place en France en 2017, le Nutri-Score est un étiquetage nutritionnel simplifié placé en face avant des emballages. Basé sur une échelle de A (meilleure qualité nutritionnelle) à E, il permet aux consommateurs de comparer rapidement les produits d’un même rayon ou d’une même catégorie.

Adopté progressivement par plusieurs pays européens (Belgique, Allemagne, Espagne, Pays-Bas, Luxembourg ou encore Suisse), le dispositif s’est imposé comme l’un des principaux outils d’information nutritionnelle en Europe, même s’il reste facultatif et que la Commission européenne a finalement (pour le moment) renoncé à l’imposer à l’échelle de l’Union.
Pourquoi un nouvel algorithme ?
L’arrêté interministériel instaurant le nouvel algorithme de calcul du Nutri-Score a été publié au 15 mars 2025, mettant fin à plus d’un an d’attente et de débats. Cette évolution vise à améliorer la pertinence du système d’étiquetage en face avant des produits afin de mieux différencier les produits et orienter les consommateurs vers des choix alimentaires plus favorables à la santé.
Les principaux changements du nouvel algorithme
Les critères de base restent les mêmes :
- Composante négative : énergie, sucres, acides gras saturés et sel
- Composante positive : fibres, protéines et pourcentage de fruits/légumes/légumineuses
Cependant, plusieurs ajustements ont été introduits, notamment :
- La prise en compte du sel plutôt que du sodium pour s’aligner avec l’étiquetage nutritionnel réglementaire ;
- Une révision des seuils de sucres, de sel et de fibres, avec des critères plus stricts ; Ces ajustements permettant ainsi de mieux différencier les produits riches en sucres ou en sel ;
- Le calcul de la composante positive intégrant le pourcentage de fruits et légumes a également été ajusté. Dans la version précédente, plusieurs ingrédients pouvaient être comptabilisés dans ce pourcentage. Désormais, la liste est plus restrictive. Sont uniquement pris en compte : les fruits, les légumes, les légumineuses et les herbes. En revanche, les fruits à coque et certaines huiles végétales (colza, noix, olive) ne sont plus inclus dans ce calcul ;
- Le calcul du score final est également légèrement simplifié. Dans l’ancien algorithme, plusieurs cas de figure existaient selon le score négatif et le nombre de points attribués à la composante « fruits et légumes ». Dans la nouvelle version, ces règles sont simplifiées, ce qui facilite la compréhension et l’application du calcul.
Au-delà des évolutions de notation, la mise à jour du Nutri-Score introduit également plusieurs modifications structurelles dans les catégories de produits :
- Le lait et les boissons végétales, auparavant classés dans le cas général, sont désormais intégrés dans la catégorie “boissons”, qui applique des critères plus stricts.
- Les fruits à coque et les graines ne sont plus évalués dans le cas général mais dans une catégorie spécifique : “matières grasses, fruits à coque et graines”.
- Une nouvelle catégorie “viande rouge” apparaît dans les cas spécifiques du cas général, afin d’aligner davantage la notation avec les recommandations nutritionnelles limitant leur consommation.
Pour comprendre concrètement les changements, consultez également notre fiche pratique “Changements liés au nouveau Nutri-Score” disponible ici.
Quels produits sont impactés ?
Avec le nouvel algorithme, certains produits sont valorisés, tandis que d’autres sont plus sévèrement notés.
Le nouveau calcul favorise plusieurs catégories d’aliments reconnues pour leur intérêt nutritionnel, notamment :
- les poissons gras (sardine, maquereau, saumon)
- les huiles riches en acides gras insaturés (colza, noix, olive)
- les fruits à coque non salés
- certains fromages à pâte dure moins salés
- les produits céréaliers riches en fibres, notamment les versions complètes
À l’inverse, plusieurs catégories voient leur note se dégrader :
- viandes rouges
- produits salés (biscuits apéritifs, charcuteries…)
- produits sucrés, dont les céréales du petit-déjeuner
- boissons avec édulcorants
- plats préparés et produits de snacking (pizzas, burgers, quiches…)
Les simulations montrent que les plats préparés et produits de snacking perdent souvent une à deux lettres, notamment en raison de seuils plus stricts pour le sel et les sucres et d’une prise en compte renforcée des fibres.
Une période de transition de 24 mois
Les entreprises ayant déjà adopté le Nutri-Score disposent d’un délai de 24 mois (à date de parution de l’arrêté, soit d’un délai de 24 mois à partir du 15 mars 2025) pour mettre à jour l’étiquetage de leurs produits.
Pendant cette période, deux versions du Nutri-Score peuvent coexister. Pour limiter les confusions, un logo spécifique “Nouveau calcul” peut être utilisé sur les produits dont le score est calculé avec le nouvel algorithme.

Les entreprises devront ensuite cesser d’utiliser ce logo à la fin de la période de transition.
Un enjeu stratégique pour les industriels
Pour les acteurs de l’agroalimentaire, cette évolution représente un enjeu important d’anticipation. Les nouvelles règles de calcul peuvent entraîner des changements significatifs de notation, susceptibles d’avoir un impact sur la perception des produits par les consommateurs.
Il est donc recommandé de simuler dès maintenant les nouvelles notes Nutri-Score afin :
- d’identifier les produits dont la note se dégrade fortement,
- de prioriser les éventuelles reformulations nutritionnelles,
- et d’anticiper les évolutions d’étiquetage avant la fin de la période de transition.
Dans un contexte où les consommateurs sont de plus en plus attentifs à la qualité nutritionnelle des aliments, le nouvel algorithme du Nutri-Score constitue à la fois un défi et une opportunité pour améliorer les profils nutritionnels des produits.